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Anecdotes sur s'tiot train de Bohain par Monsieur Guy
Laurence
Sur
la branche Bohain - Guise, il y avait une station "Bohain Ville" ;
celle-ci se situait à coté du passage à niveau de la traversée de
la rue de Saint-Quentin, à l'entrée de Bohain en venant de Fresnoy.
il est fait allusion au nombre élevé de wagons tombereaux ; ceci est
dû au fait que cette voie ferrée alimentait la sucrerie de Bohain
pendant les campagnes betteravières. Les anecdotes sur "s'tiot train",
sont légion. Il m'en revient quelques unes à l'esprit : Dans certaines
voitures de voyageurs, il y avait une pancarte qui précisait :
"la correspondance avec les trains de la SNCF ne sont pas garanties".
les voitures étaient équipées d'un système de chauffage à air chaud
; de mémoire de voyageurs, cette installation devait être trop sophistiquée,
car elle ne fonctionnait pratiquement jamais.
A la station de Bohain Nord, les trains de voyageurs ou l'autorail
("s'pinpon") stationnaient en face de la gare SNCF, le long du trottoir.
Il arrivait qu'une voiture soit garée au même endroit, bloquant ainsi
la ligne.
Dans ce cas, avant le départ, le personnel du train et les passagers
faisaient la tournée des bistrots du quartier pour en retrouver le
propriétaire qui devait s'acquitter, avant de déplacer son véhicule,
d'une tournée générale ! - Le train devait par endroits gravir des
pentes assez sévères (entre Brancourt et Bohain, par exemple). Du
temps de la vapeur, en cas d'humidité, il arrivait que la locomotive
patine : dans ce cas, les passagers (les hommes) étaient invités à
descendre et à pousser le train ; ils remontaient dans les voitures
dès que le train repartait (l'exercice n'était pas très dangereux,
car la vitesse n'était pas excessive...).
Il y avait une certaine liberté, de la part du personnel et des voyageurs,
dans le respect strict des horaires. A l'automne, si le mécanicien
du train apercevait des champignons dans les pâtures, il stoppait
et tout le monde allait faire sa cueillette. - Dans le même ordre
d'idée, le train du matin au départ de Bohain s'arrêtait en pleine
nature entre Lesquielles-Saint-Germain et Guise pour déposer des pêcheurs
dans la vallée de l'Oise. Il les reprenait le soir au même endroit.
A la fin de l'exploitation vapeur, les locomotives n'étaient plus
bien entretenues, et certaines fuyaient les pêcheurs retardataires
se faisaient copieusement "engueuler" par le mécanicien pour cette
perte de temps, non pas pour le respect de l'horaire mais par crainte
de ne plus avoir assez d'eau pour rejoindre Bohain.
Au départ de Bohain dans la direction du Catelet, il y avait l'embranchement
de la sucrerie ; il était courant que des facétieux mettent l'aiguille
en direction de la sucrerie ; le mécanicien s'en apercevait trop tard,
ce qui obligeait à un arrêt dans la cour de la sucrerie, une marche
arrière et un redémarrage dans la bonne direction. Si les fautifs
étaient identifiés, la punition était la même que celle des propriétaires
de voitures mal garées en gare de Bohain, Voir la ligne photo ci-dessous
.

HISTOIRE DU CHEMIN DE FER
LE
chemin de fer, moyen de transport issu de la première
révolution industrielle, associant une
infrastructure, la voie ferrée, des véhicules
spécifiques, les locomotives, voitures et wagons, et
un système d'exploitation totalement
intégré.
HISTORIQUE :Origines Le chemin de fer est
né sur le carreau des mines pour transporter le
charbon, depuis les puits d'extraction jusqu'à la
voie d'eau, qu'elle soit fluviale ou maritime. Dès le
XVIIe siècle, les mineurs utilisèrent en
effet des barres de guidage en bois pour faire glisser les
chariots, avant d'adopter par la suite des rails
métalliques. La traction était
généralement assurée par des chevaux,
jusqu'à l'apparition de la première locomotive
à vapeur, mise au point par l'ingénieur
anglais Richard Trevithick en 1803, et testée avec
succès dans le sud du pays de Galles. Cette
découverte marqua le début de l'ère des
chemins de fer.
La première voie ferrée au
monde fut construite en 1825 en Angleterre, entre Stockton
et Darlington, près de Newcastle
(Yorkshire). Cette ligne transportait exclusivement du
charbon, tout comme celles qui furent construites à
la même époque en Écosse, ainsi que dans
le Lancashire. C'est dans cette dernière
région que fut implantée la première
véritable ligne de chemin de fer, entre Liverpool et
Manchester (51 km). Mise en service en 1830, cette
ligne assurait non seulement le transport du charbon, mais
aussi celui des voyageurs.
En France, le chemin de fer naquit dans
des conditions identiques : réservé dans
un premier temps aux marchandises, ouvert ensuite au
transport de passagers. La première ligne ferroviaire
française, inaugurée en 1828, ne transportait
que du charbon entre Saint-Étienne et le port
d'Andrézieux sur la Loire. Mais quatre ans plus tard,
une ligne de voyageurs fut créée, reliant
Roanne à Saint-Étienne et à Lyon. Cette
tendance se généralisa rapidement dans toute
l'Europe, où l'on fit construire des lignes
destinées au transport périurbain de
personnes : Nuremberg-Fürth en Allemagne
(7 km, ouverte en 1835), Bruxelles-Malines en Belgique
(20 km, 1835), Amsterdam-Haarlem aux Pays-Bas
(19 km, 1839), Naples-Portici en Italie (9 km,
1839), ou Madrid-Aranjuez en Espagne (49 km, 1851). Aux
États-Unis, un véritable réseau
ferroviaire se mit en place dès 1832,
desservant les grandes villes de la côte Est.
Essor du chemin de fer À partir de
1840, le chemin de fer connut un développement
remarquable dans les pays qui disposaient de charbon, ou qui
pouvaient facilement en importer, comme l'Europe et les
États-Unis. Bénéficiant de la
révolution industrielle, les grands réseaux
ferrés furent construits entre 1830 et 1930, les
principales lignes entre 1840 et 1890. En 1875, un
demi-siècle après la naissance des
premières voies ferrées, on comptait
129 000 km de lignes aux États-Unis et
123 000 km en Europe occidentale. Quelques
années plus tard, en 1881, on dénombrait
363 000 km de voies ferrées dans le monde,
dont 172 000 km en Europe et 165 000 km
aux États-Unis. En 1950, ces derniers étaient
desservis par 350 000 km de lignes ferroviaires
sur un total mondial de
1,3 million de km.
Cette expansion se déroula dans les
conditions économiques et politiques propres à
chaque pays. En Grande-Bretagne, le chemin de fer s'implanta
dans la plus grande liberté concurrentielle de
l'ère victorienne triomphante. Il en résulta
une véritable «?folie des chemins de fer?»
entre 1845 et 1858, au cours de laquelle de nombreuses
compagnies s'opposèrent une concurrence ruineuse,
notamment dans les vallées minières du pays de
Galles et dans les bassins charbonniers des Midlands :
nombre de compagnies y desservaient les mêmes sites
par leurs voies ferrées implantées à
quelques centaines de mètres les unes des autres?! La
situation inverse se produisit en Allemagne, où les
Länder se rendirent rapidement compte des enjeux
politiques du chemin de fer. C'est pourquoi ils
contrôlèrent le développement d'un
réseau ferroviaire, parfaitement cohérent dans
sa hiérarchie et son fonctionnement.
En
France, le gouvernement mit en œuvre une politique
intermédiaire : il décida du tracé
des grandes lignes du réseau, mais ne prit en charge
que la construction de l'infrastructure, concédant le
reste à l'exploitant après avoir
partagé le territoire national entre les
différentes compagnies. Une loi promulguée en
1842 détermina la structure radiale des axes
principaux du réseau, centré sur Paris. La
fameuse «?Étoile de Legrand?» visait en
premier lieu à relier la capitale aux grands ports et
aux grands foyers d'activité
périphériques. En 1859, à l'initiative
du duc de Morny, l'exploitation des lignes ferroviaires fut
répartie entre six grandes compagnies : la
compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), la
compagnie Paris-Orléans (PO), la compagnie du Nord,
la compagnie de l'Ouest, la compagnie de l'Est et la
compagnie du Midi. En 1878, le ministre des Travaux publics
Charles de Freycinet conçut, sous la forme du fameux
plan Freycinet, tout un réseau de lignes secondaires
destinées à raccorder au réseau
principal l'ensemble des sous-préfectures
françaises.
En 1890, les pouvoirs publics
français décidèrent que tous les
chefs-lieux de canton sans exception devaient être
desservis par la voie ferrée. Ainsi, jusqu'en 1914,
quelque 22 000 km de chemins de fer
d'intérêt local (départementaux ou
vicinaux) à voie étroite furent construits sur
des plates-formes indépendantes ou sur le bord des
chaussées routières, alors que près de
10 000 km de voies secondaires étaient
encore prévus. Au total, environ 60 000 km
de voies ferrées étaient
réservés au transport de voyageurs avant la
Première Guerre mondiale.
Contraction des réseaux Si la
contraction des réseaux ferrés débuta
peu après leur mise en place, ce n'est
qu'après la Première Guerre mondiale, et
surtout après la grande crise économique de
1929, que le processus prit de l'importance,
encouragé par les politiques économiques des
États concernés.
En
France En raison de la situation financière
délicate de certaines compagnies ferroviaires,
l'État français reprit l'exploitation des
lignes les plus déficitaires, celles de l'ouest du
pays, pour constituer son propre réseau
d'État. La situation continuant à s'aggraver,
le gouvernement décida en 1938 de nationaliser
l'ensemble des chemins de fer, en créant la
Société nationale des chemins de fer (SNCF),
société d'économie mixte à
participation majoritaire de l'État. Cette
société, créée pour une
durée de quarante-cinq ans à partir du
1er janvier 1938, avait, entre autres missions, celle
d'assurer le service public de transport. Sous l'effet de
cette nationalisation, près de 10 000 km
- plus du quart du réseau total - furent
ainsi soustraits au trafic des voyageurs entre 1938 et 1940,
en raison de la première concurrence routière,
celle de l'autocar. Cette contraction des réseaux
ferroviaires s'opéra en particulier dans les
régions peu accidentées et d'habitat
dispersé de l'Ouest et du Sud-Ouest, mais
également dans les régions victimes de forte
dépopulation.
Au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le chemin de fer
français, qui avait été très
touché mais rapidement reconstruit, demeurait encore
le principal moyen de transport, tant pour les voyageurs que
pour les marchandises. Le transport de ces dernières
sur grandes distances revenait en effet majoritairement
à la voie ferrée, le camion étant
encore inapte aux grandes distances et ne pouvant
transporter de gros volumes. Cependant, sous l'effet de la
concurrence routière dont prit acte la réforme
de la tarification des marchandises de 1947, le chemin de
fer se tourna vers les plus gros fournisseurs de
matières premières et de produits bruts,
délaissant les trafics plus diffus. Or, le trafic des
pondéreux était à la veille de
décroître fortement, alors que les produits
à forte valeur ajoutée connaissaient au
contraire un grand développement. Confronté
dès lors à la perte de monopole du chemin de
fer, le gouvernement tenta de réglementer le
transport par les textes de 1949 sur la coordination du rail
et de la route (loi du 5 juillet et décret du
14 novembre), qui marquèrent la reprise du plan
de fermeture de lignes ferroviaires, interrompu par la
guerre.
Concernant le transport des voyageurs, la SNCF s'associa en
1957 à ses voisins européens pour créer
le groupement Trans-Europ-Express (TEE), en vue de
reconquérir la clientèle internationale
d'affaires que les liaisons aériennes court-courrier
et moyen-courrier, en plein essor, lui arrachaient lentement
mais sûrement. Dans les années 1960 et 1970, la
SNCF fut en outre confrontée à la seconde
concurrence routière, celle de l'automobile et du
poids lourd semi-remorque, dont la menace grandit à
mesure que se mettait en place le réseau autoroutier.
Pour tenter d'y faire face, le gouvernement instaura alors
une politique d'équipement sélectif,
privilégiant les grands axes au détriment du
réseau secondaire sur lequel aucun investissement ne
fut entrepris, car voué à être
abandonné à terme. Cette stratégie,
tout à fait originale pour l'époque en Europe
continentale, se fondait sur les caractéristiques
géographiques de la France, préconisant une
politique de vitesse justifiée par les distances en
jeu au détriment d'une desserte fréquente. De
plus, la SNCF jugea inutile de tenter de pallier la
faiblesse du trafic des lignes secondaires,
considérant que le chemin de fer y était
économiquement moins bien placé que la
route.
Publié en 1967, alors que la
situation financière de la SNCF continuait à
se dégrader, le rapport NORA sur le fonctionnement
des entreprises publiques recommanda une gestion plus
autonome de la société, et définit dans
ce but un nouveau cahier des charges, permettant à la
SNCF de fonctionner en tenant compte du marché des
transports. Ce rapport conclut également que le
fameux déficit des chemins de fer français
pouvait être en partie imputé à la
charge excessive que représente le maintien en
service de la plupart des lignes desservies par les seuls
omnibus. Il proposa en conséquence de fermer ces
lignes dans le cadre d'un programme contractuel.
Signé entre l'État et la SNCF
en 1969, le premier Contrat de Programme prévoyait
notamment la suppression du service omnibus sur
10 000 km de lignes. Cette même
année, 1 700 km de voies ferrées
furent ainsi fermés au trafic des voyageurs, tandis
que de nombreuses sections de grandes lignes furent
interdites au trafic omnibus. En 1971, fut signé
l'Avenant à la Convention de 1937, acte qui
redéfinit la mission de service public impartie
à la SNCF. Cet avenant modifia sensiblement le
fonctionnement de la Société des chemins de
fer français, trente-quatre ans après sa
création, en lui faisant obligation
d'équilibrer ses comptes. Sous ce nouveau
régime, de nouvelles voies ferrées furent
encore fermées jusqu'à ce que le programme
soit brutalement interrompu par le premier choc
pétrolier de 1973. Il fut repris prudemment quelques
années plus tard, lorsque la procédure des
Schémas régionaux de transport collectif
permit d'en transférer la responsabilité aux
Régions. De nos jours, l'ensemble des transports
régionaux sur voie ferrée, appelé
Transports Express Régionaux (TER), ressortit
à ces collectivités territoriales,
désormais maîtresses de la contraction de leur
propre réseau, la SNCF étant devenue depuis le
1er janvier 1983 un établissement public
à caractère industriel et commercial.
Dans le reste du monde Aujourd'hui, les
réseaux ferrés du monde entier sont plus ou
moins touchés par la contraction. Dans certains pays
comme la Suisse, cette contraction est à peine
entamée, alors qu'en Grande-Bretagne, par exemple, la
moitié des voies ferrées construites sont
aujourd'hui fermées (53 p. 100 du
réseau exactement). En France et en Allemagne,
environ 45 p. 100 des voies ferrées
d'intérêt général sont
actuellement condamnées. D'une manière
générale, plus le réseau s'est
développé rapidement et densément, plus
la contraction est poussée. Par ailleurs, il faut
noter que le degré d'utilisation des lignes demeure
très inégal, certaines d'entre elles
n'étant plus exploitées que de manière
résiduelle (environ le quart du réseau
français).
STRUCTURE DU RÉSEAU FERROVIAIRE
3.1.Implantation des réseaux 3.1.1.Contrainte de la
pente Contrairement aux véhicules sur route, la
locomotive à vapeur, qui constitua pendant
près d'un siècle l'unique mode de propulsion
des trains, était capable de remorquer de lourdes
charges à vitesse élevée. Pouvant
transporter plusieurs centaines de tonnes aux tout
débuts du chemin de fer, les trains actuels peuvent
maintenant remorquer jusqu'à 3 000 t, mais
sous réserve que les pentes et les rampes ne soient
pas trop accentuées. En montagne, les trains ne
peuvent gravir une pente supérieure à
4 p. 100, à moins de faire appel à
une crémaillère. Sur les grandes lignes,
3,5 p. 100 est un maximum.
Ouvrages d'art Comme les locomotives
à vapeur éprouvaient certaines
difficultés à gravir de fortes pentes, les
ingénieurs construisirent des ouvrages d'art en grand
nombre, afin de faciliter le parcours des trains. Ils
réalisèrent de nombreux viaducs et tunnels,
ouvrages qui permettent de concilier les contraintes
topographiques avec les fortes exigences de la voie
ferrée en matière de tracé et de
nivellement. Aujourd'hui, la longueur cumulée des
tunnels français est de l'ordre de 500 km. Si la
majeure partie d'entre eux sont assez courts (moins de
1 000 m), plus longs sont ceux qui franchissent
les plateaux, et plus encore les massifs montagneux, comme
le tunnel du Fréjus (13,7 km) sur la ligne
Paris-Rome, construit en 1871, ou le tunnel du Simplon
(19,8 km) sur la ligne Paris-Milan, achevé en
1906. Les ingénieurs percèrent
également des tunnels ferroviaires sous-marins, les
plus longs étant le tunnel japonais du Seikan
(53,8 km), construit dans les années 1980, qui
relie Hokkaido à Honshu, et le tunnel sous la Manche
(50,5 km), inauguré en 1994.
Contrainte de la courbe Au
XIXe siècle, on préféra implanter
les voies ferrées, alors conçues pour la
traction à vapeur, dans les sites les plus plats, en
particulier dans les plaines et les vallées, ce qui
multiplia les sinuosités du tracé. Les formes
courbes de ces lignes ferroviaires limitent la vitesse des
trains dans les virages, même si, grâce aux
technologies actuelles, certains trains peuvent atteindre
des vitesses de 140 à 160 km/h dans des courbes
présentant des rayons de l'ordre de
1 000 m. En montagne, certaines voies offrent des
courbes de rayons inférieurs à 350 m, ce
qui limite la vitesse des trains à environ
80 km/h.
Aujourd'hui, on sait remorquer de lourdes
charges sur voie ferrée à très grande
vitesse, même en forte rampe, à condition que
les courbes de la voie soient très larges. C'est
pourquoi les ingénieurs ont recréé de
toutes pièces des lignes à grande vitesse au
tracé presque rectiligne, ne pouvant donc plus
emprunter les vallées, mais devant couper directement
à travers les plateaux, à l'instar des
autoroutes. Ces nouvelles voies ferrées permettent la
circulation de trains à grande vitesse (TGV), pouvant
atteindre 300 à 350 km/h. Toutefois, en raison
des contraintes techniques, ce nouveau chemin de fer
nécessite un matériel particulier de rames
automotrices, remplaçant les traditionnels
locomotives et wagons, ce qui réserve les grandes
vitesses au trafic de voyageurs.
Densité des réseaux Si les
chemins de fer se sont implantés sur les cinq
continents, leur répartition apparaît
très inégale. De nombreux États, comme
la plupart des pays africains, ne disposent que d'un petit
nombre de voies ferrées, construites à
l'époque coloniale, et trop souvent dans un
état de vétusté aujourd'hui très
avancé. D'autres pays en voie de
développement, plus vastes, possèdent un
véritable réseau, mais fort incomplet et
généralement très lâche, sauf aux
abords des grandes métropoles. C'est notamment le cas
au Brésil, en Argentine, en Iran et dans les
États du Maghreb. Dans les grands États
industrialisés comme les États-Unis, le
Canada, la Russie ou l'Australie, le réseau
ferroviaire est immense, mais de densité très
variable. La Chine en constitue l'exemple le plus
remarquable, possédant un immense réseau de
56 000 km en 1995, mais très
inégalement réparti. Si l'on en croit les
prévisions, ce réseau devrait être
étendu à 90 000 km en 2010.
En
Europe, les petits États comme les Pays-Bas, la
Belgique ou la Suisse sont dotés de réseaux
ferroviaires très denses, tandis que les plus grands,
tels que la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou
l'Italie, possèdent des réseaux de moins forte
densité depuis leur contraction, bien qu'encore
notable. Quant aux pays périphériques, comme
le Portugal, la Grèce, ou les États
scandinaves, leurs réseaux présentent une
structure inachevée, en rapport avec
l'inégalité des densités de
population.
Étendue des réseaux Même
si les réseaux ferroviaires offrent une
densité très inégale dans le monde, il
n'en reste pas moins que le chemin de fer s'est
étendu dans presque toutes les parties du globe,
depuis les déserts de la zone tropicale (ligne
Perth-Adélaïde en Australie)
jusqu'au-delà du cercle polaire (ligne Kiruna-Narvik
entre la Suède et la Norvège), depuis le
niveau de la mer jusqu'à près de
5 000 m d'altitude (4 818 m dans les
Andes péruviennes).
Tout réseau ferroviaire
présente l'avantage de pouvoir être
raccordé à un autre réseau, assurant
ainsi une continuité des circulations. Le plus long
trajet direct sur voie ferrée est effectué par
la ligne reliant le port d'Algesiras, en Espagne, à
Vladivostok, en Sibérie. D'une longueur
supérieure à 15 000 km, ce voyage ne
nécessitait en 1990 que trois changements de trains
(à Madrid, Paris et Moscou). La plus longue course
effectuée par un service régulier de train de
voyageurs est assurée par le Transsibérien
entre Moscou et Vladivostok, qui parcourt 9 300 km
en sept jours. On peut également mentionner le
célèbre Orient-Express, très en vogue
durant l'entre-deux-guerres, train de luxe qui traversait
l'Europe de l'Est, reliant Paris à Budapest.
SYSTÈME FERROVIAIRE CLASSIQUE
4.1.Infrastructure Une voie ferrée se compose de deux
rails en acier posés sur du ballast, matériau
constitué de pierres concassées qui
maintiennent les traverses. Si cette voie est
utilisée dans les deux sens par les trains, elle est
dite banalisée. Mais, la plupart du temps, les voies
sont doubles, permettant une circulation dans les deux sens.
Les rails sont d'autant plus lourds que le trafic est
intense. Autrefois très courts, ils se
présentent de plus en plus aujourd'hui sous la forme
de longs rails soudés, d'une longueur
supérieure au kilomètre, et reliés par
des joints de dilatation en biseau, qui absorbent les
variations d'origine thermique.
La
distance entre les deux rails d'une voie constitue
l'écartement. La plupart des réseaux
européens et nord-américains possèdent
des voies ferrées à écartement
standard, appelées voies normales, d'une largeur de
1,435 m. On rencontre des écartements plus
grands, dits larges, en ex-URSS (1,52 m) et dans la
péninsule Ibérique (1,67 m), où
ils furent employés pour des raisons
stratégiques. Il existe également des chemins
de fer à voie dite étroite, d'un
écartement inférieur à
l'écartement standard, qui sont moins onéreux
à la construction. Ils sont le plus souvent à
voie métrique (environ 1 m), notamment dans la
montagne suisse, en Australie et au Japon, où ils
constituent le réseau classique, ainsi que pour un
grand nombre de voies ferrées construites par la
puissance coloniale dans les pays tropicaux.
On
constate donc que l'écartement diffère selon
les pays, ce qui limite la continuité de la
circulation ferroviaire. Pour y remédier, les pays
concernés ont adopté diverses solutions
techniques : la Russie préconise le changement
de bogies (châssis à essieux portant le
véhicule ferroviaire) afin d'assurer les liaisons,
l'Espagne utilise des bogies à écartement
variable, tandis que le Japon a mis en place trois files de
rails.
Le
gabarit, qui correspond à la surface et à la
forme de la section transversale du matériel roulant,
varie également en fonction de l'écartement,
mais peut aussi différer pour des voies de même
écartement : gabarit standard, gabarit
britannique, gabarit du métro parisien, etc.
Types de traction Pendant près d'un
siècle, la locomotive à vapeur régna en
maître sur toutes les voies ferrées, se
perfectionnant sans cesse. Son monopole ne fut battu en
brèche qu'au début du XXe siècle
par la traction électrique, qu'on utilisa dans un
premier temps sur les lignes suburbaines et sur les voies
ferrées de montagne à traction difficile.
Puis, dans les années 1930, les trains à
vapeur furent remplacés sur les lignes locales et
secondaires par des autorails, voitures automotrices
dotées d'un moteur thermique.
Sur les réseaux à moyen ou
à faible trafic, la traction Diesel se
développa à partir des années 1950. Ces
locomotives à moteur thermique furent très
populaires dans les grands États à
réseau lâche et à exploitation
extensive, comme le Canada, les États-Unis et
l'Australie, où la primauté du transport
ferroviaire de marchandises nécessitait la mise en
place de locomotives plus puissantes que rapides, capables
de tracter des convois de plusieurs milliers de tonnes. Dans
les années 1960, on parvint à concevoir des
locomotives Diesel offrant des puissances plus
élevées, adaptées au transport de
voyageurs. Mais la plupart des grandes lignes non
électrifiées furent équipées
à cette époque de rames automotrices rapides.
La SNCF entreprit alors d'électrifier une partie de
son réseau, et cessa toute commande de locomotives
Diesel en 1975. À partir de 1966, la France
développa la technique de la turbine à gaz
appliquée aux rames automotrices, dotant ainsi ces
turbotrains de performances comparables à celles de
la traction électrique.
Aujourd'hui, la machine à vapeur a
totalement disparu en Europe, excepté pour des motifs
touristiques. En France, la dernière locomotive
à vapeur a circulé en service commercial
jusqu'au milieu des années 1970. Dorénavant,
toutes les nouvelles lignes à grand trafic sont
systématiquement électrifiées en raison
de leur faible consommation d'énergie, de leur plus
grande souplesse d'utilisation et de la
supériorité de leurs performances. La Suisse
offre la particularité d'avoir
électrifié la totalité de ses chemins
de fer - principaux, secondaires et montagnards -
en raison de sa topographie et de l'abondance de sa houille
blanche.
Voir aussi Locomotive.
Matériel Le matériel de chemin
de fer peut être de trois types : matériel
de traction, matériel remorqué et
matériel automoteur. Le premier comprend les
locomotives à vapeur, les locomotives
électriques et les locomotives Diesel, tandis que le
deuxième se compose des voitures, assurant le
transport de voyageurs, et des wagons, destinés au
transport de marchandises et d'animaux. Le troisième
type de matériel correspond aux rames automotrices,
qu'on dénomme également voitures. D'une
manière générale, la tendance est
aujourd'hui à la multiplication des rames Diesel ou
électriques au détriment des trains
remorqués, notamment sous l'effet de la grande
vitesse.
Bien que respectant une standardisation de
plus en plus poussée, les voitures connaissent une
grande variété de spécialisations. En
effet, chaque type de voiture est adapté à un
type particulier de trafic ou de clientèle :
voitures à compartiments, à couloir central,
voitures-restaurants, voitures-couchettes, voitures-lits
(improprement appelés wagons-lits), et d'autres
à caractère plus exceptionnel comme les
voitures-cinéma.
La
spécialisation des wagons de fret tend à
s'accentuer, afin de correspondre au transport d'un produit
précis. Parmi ces wagons spécifiques, on peut
ainsi mentionner les tombereaux (wagons à bords
hauts, conçus pour le transport du fret en vrac), les
wagons-citernes, les wagons frigorifiques, les porte-autos.
Certains wagons, construits en petite quantité,
connaissent ainsi une utilisation très
limitée, comme ceux destinés au transport de
la fonte en fusion, ceux circulant dans le tunnel sous la
Manche, ou encore les navettes transportant les automobiles
et les poids lourds dans les tunnels de montagne, wagons ne
subsistant aujourd'hui que sur les liaisons non
doublées par une autoroute.
Gares et installations Pour les voyageurs,
l'accès aux trains s'opère dans les gares,
sortes d'interfaces entre le système ferroviaire et
le monde extérieur. Ces gares peuvent être de
différente importance, depuis celles des nœuds
ferroviaires de premier niveau correspondant aux grandes
métropoles jusqu'aux haltes rurales de dernier niveau
(sans personnel aujourd'hui), desservies uniquement par les
services locaux. Répondant initialement à des
impératifs d'exploitation à une époque
où les communications à distance
étaient inexistantes, la plupart des haltes et
petites gares ont aujourd'hui disparu dans de nombreux pays,
en premier lieu la France et la Grande-Bretagne, victimes
tout à la fois des progrès techniques, de la
dépopulation et de la concurrence routière. En
revanche, elles parviennent à se maintenir sur les
réseaux denses des petits États fortement
peuplés, comme la Belgique, le Luxembourg ou les
Pays-Bas.
Si
par tradition, les gares petites ou moyennes se trouvaient
toutes flanquées d'une halle à marchandises,
cette dernière a désormais perdu toute
fonction depuis le retrait progressif du chemin de fer dans
le transport de fret. Les installations de marchandises ne
subsistent plus que dans les centres les plus importants,
souvent complètement séparées - et
parfois éloignées - de celles
destinées au trafic des voyageurs. Néanmoins,
afin de permettre l'accès direct des wagons dans les
enceintes de chargement et de déchargement, les
embranchements particuliers se sont multipliés au
sein des emprises du réseau ferroviaire. Les gares de
triage - qui n'ont de gare que le nom - sont ainsi
des installations destinées à
réattribuer la composition des trains de
marchandises : elles ont une fonction
équivalente à celle de la correspondance pour
les voyageurs. Généralement implantées
à la périphérie des
agglomérations, ces gares de triage sont en proie
à un processus de concentration au profit des plus
importantes.
Parmi les installations spécifiques
du chemin de fer, il faut également citer les
dépôts et les ateliers. Très nombreux
à une époque où la machine à
vapeur ne pouvait effectuer de longs parcours (plusieurs
centaines en France, soit un tous les 50 à
100 km), les dépôts ont subi une
réduction draconienne (quelques dizaines seulement
aujourd'hui).
D'une manière générale,
l'exploitation des réseaux ferrés est
marquée par une concentration poussée des
installations, ainsi que par une utilisation accrue de la
cybernétique autorisant la
généralisation des
télécommandes, souvent sur plusieurs centaines
de kilomètres.
Trafics Sur un réseau ferroviaire
équipé d'installations spécifiques
circulent d'innombrables convois correspondant à une
grande diversité de trafics.
Dans le domaine du fret, il faut distinguer
les trains complets, qui relient un unique expéditeur
à son unique destinataire, et les trains
composés de wagons isolés ou de groupes de
wagons de provenance et à destination de clients
différents. Les premiers sont plus rapides que les
seconds car ils ne nécessitent pas le passage par les
gares de triage. Afin de remédier aux ruptures de
charge au cours d'un même acheminement, les chemins de
fer recourent largement aux conteneurs, formule actuellement
la plus simple et la plus développée du
transport combiné. Promis sans doute à un
brillant avenir, ce type de transport s'efforce de
développer des solutions de plus en plus
diversifiées, depuis la route roulante (transport par
wagons de poids lourds avec chauffeurs, notamment à
travers la Suisse) jusqu'à la manutention automatique
des conteneurs entre les trains. Si toutes ces solutions,
dont certaines font appel à des technologies
très élaborées, sont aujourd'hui
techniquement au point, leur faisabilité
économique n'est toujours pas
démontrée.
Le
transport de passagers connaît également de
fortes mutations, selon les pays et suivant les trafics.
Tandis que le train omnibus rural est en régression
dans tous les pays technologiquement avancés, les
trains rapides interurbains (entre deux et six heures de
trajet, à grande vitesse ou non) se présentent
comme le secteur le plus rentable du transport ferroviaire
de voyageurs, bien qu'ils soient de plus en plus
concurrencés par l'avion. Quantitativement, le
transport de banlieue autour des grandes
agglomérations constitue en général la
majeure partie de l'activité «?voyageurs?»
des réseaux, même si ce secteur demeure
déficitaire. Sous l'effet de la grande vitesse et de
la concurrence aérienne, le trafic de nuit
(couchettes et surtout wagons-lits) connaît
aujourd'hui une forte baisse, particulièrement sur
les liaisons internationales. En trafic intérieur,
les express lourds et lents, diurnes ou nocturnes,
présentent aujourd'hui en Europe une grande
vulnérabilité, alors qu'ils constituent encore
la base du trafic de grande ligne dans les réseaux
moins développés, comme en ex-URSS ou en
Chine. En Amérique du Nord, le trafic voyageurs de
grande ligne ne joue plus qu'un rôle tout à
fait secondaire, à caractère plus ou moins
touristique, à l'instar des grands transcontinentaux
qui fonctionnent encore aux États-Unis, notamment
ceux du réseau Amtrak.
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