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1945 – 1975. LES TRENTE GLORIEUSES De 1945 -fin de la deuxième guerre
mondiale - à 1975, les principaux pays occidentaux ont connu une croissance
économique ininterrompue accompagnée du plein emploi, fait sans précédent
dans l’histoire. Au sortir de la guerre, la France,
comme la plupart des pays occidentaux, est à reconstruire. Cette reconstruction,
largement soutenue par l’aide américaine (le plan Marshall), s’étalera sur
pratiquement dix ans. Il est alors logique que la croissance économique
ait été importante, mais comment expliquer qu’elle durera encore vingt ans,
avec une élévation constante du niveau de vie (multiplié par 5 de 1945 à
1975) ? Dès le milieu des années cinquante, la France entre dans une économie de société de consommation. Le développement de cette société de consommation est accéléré par le fait que beaucoup de femmes décident de travailler, ce qui augmente d’autant les revenus par foyer, et que le « baby boom » et l’augmentation de l’espérance de vie augmentent le nombre de consommateurs tout en diversifiant les besoins et les attentes de chacun. L’état « providence » joue également un rôle important dans l’accroissement et la sécurisation des revenus : création à la libération de la Sécurité Sociale, des Allocations Familiales et des régimes de retraite, instauration en 1950 du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti, qui deviendra le SMIC en 1968, « C » voulant dire croissance). L’augmentation de la durée des congés payés (la troisième semaine de congés payés en 1956 et la quatrième en 1965) contribuera au développement des dépenses de loisirs des ménages. Cet extraordinaire accroissement du niveau de vie pendant les trente glorieuses ne doit cependant par faire oublier les tragédies des deux dernières guerres coloniales françaises : la guerre d’Indochine (novembre 1946 – juillet 1954) et celle d’Algérie (novembre 1954 – mars 1962), cette dernière ayant été très ressentie par l’ensemble des Français car dès 1955 les soldats du contingent y seront impliqués. Il est intéressant de voir sur quels objets de base la société de consommation s’est développée à partir du milieu des années cinquante. Le gros électroménager L’audiovisuel La voiture En 1975, la grande majorité des foyers ont un réfrigérateur, une machine à laver le linge, un poste de télévision, le téléphone et, pour beaucoup, une voiture. Si l’on ajoute à cela l’apparition des supermarchés et hypermarchés dès le début des années soixante, on constate que cette incroyable évolution modifiera fondamentalement le mode de vie des Français, ceci évidemment dans toutes les régions. Si les trente glorieuses ont permis au niveau de vie des Français de progresser, ces années sont hélas bien noires pour notre Vermandois : elles correspondent à la quasi-disparition de l’industrie textile qui était le moteur économique de notre région. Comme il est dit dans la page consacrée à l’industrie textile dans le Vermandois, la grande majorité des habitants de la région travaillaient dans le tissage ou dans des industries connexes. En 1960, cette activité commence à donner des signes de faiblesse et quinze ans plus tard, elle aura pratiquement totalement disparu. Dès 1960 le problème de l’emploi deviendra crucial pour les jeunes sans formation professionnelle autre que l’apprentissage sur le tas de la conduite d’un métier à tisser. Certes, la possibilité récente d’avoir sa voiture personnelle permet d’envisager d’aller travailler loin de la maison, mais à condition de trouver un travail, ce qui est alors bien difficile. Pour beaucoup, la bouée de sauvetage s’appellera la fonction publique. A cette époque, on pouvait encore devenir fonctionnaire avec pour tout bagage le niveau du certificat d’études primaire, moyennant un concours d’un niveau très accessible pour la majorité des postulants. C’est ainsi que pendant la seconde partie des trente glorieuses, toute une génération de jeunes du Vermandois iront grossir les rangs des postiers, des policiers, des douaniers, des agents des impôts, des cheminots et des fonctionnaires territoriaux. Cette solution permettra de donner du travail à tous, mais aura une conséquence importante sur la vie locale : pour la quasi-totalité de ces postes de fonctionnaires, l’expatriation est obligatoire, avec peu de chances de pouvoir revenir un jour au village pour terminer sa carrière à Bohain ou à Saint-Quentin, sauf pour les facteurs qui réussiront, pour la plupart, à revenir au pays. En fait, une bonne partie de ces nouveaux fonctionnaires iront s’installer en région parisienne et beaucoup y resteront. Pour la vie dans les villages, la perte de toutes ces forces vives est préjudiciable, tant pour la vie communautaire que pour les commerces locaux, déjà concurrencés par les grandes surfaces. Le départ des jeunes va également réduire considérablement le nombre des enfants scolarisés en primaire ; si l’on ajoute à cela la prolongation de la scolarité jusqu’à l’âge de seize ans et le passage obligatoire de quatre années de collège, de la sixième à la troisième (en 1959), le résultat sera une nette diminution des classes dans l’enseignement primaire, voire la disparition pure et simple de l’unique classe d’école dans les petites communes. La société de consommation bien implantée
en 1975 et le mode de vie qui en découle sont toujours de mise aujourd’hui.
Plusieurs lois et décrets viendront encore améliorer la couverture sociale
(indemnités de chômage en 1979, RMI en 1988) et diminuer le temps de travail
(cinquième semaine de congés et 39 heures en 1982, lois Aubry sur les 35
heures en 1998). |
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